vendredi 6 décembre 2013

Adieu Madiba



...Je suis allé ce matin déposer des fleurs devant l’ambassade d’Afrique du Sud. Une nécessité. Me suis recueilli un bref instant…J'avais à peine 9 ans quand je vis Nelson Mandela pour la première fois, en visite officielle à Libreville. Des milliers de Librevillois attendaient de voir cet être hors du commun, peu de temps après sa libération. Il se rendait en visite dans les nations africaines qui avaient soutenu son combat. Le Gabon fut l'un des premiers pays du continent africain visités. Ma famille et moi attendions de le voir, sous le soleil tapant, dans la chaleur ambiante. Plus tard, devenu adulte, je me suis rendu plusieurs fois en Afrique du Sud, j'ai eu l'occasion de visiter la fameuse île de Robben Island où il avait été emprisonné. Lorsque je suis né en 1982, les unions mixtes étaient encore interdites en Afrique du Sud. Il fallut attendre 1986 pour que l'interdiction saute. Alors naturellement, son parcours, sa mort résonnent de façon particulière en moi. Il faut faire attention au Temps qui passe, ce temps, qui en passant, a tendance à aplanir les choses, les faits, les douleurs. Ne jamais oublier que l'Apartheid était une saloprix. La patience, la détermination, la volonté ne sont pas des vains mots. L'idéal utopique a quelque chose de noble surtout quand il a pour but le respect de l'Autre, la Fraternité : le sarcasme, le cynisme à outrance, l'aigreur, la rancoeur ne résolvent rien. Nelson Mandela nous a rappelé le devoir de vivre ensemble, malgré, avec nos différences, de toutes sortes. Il n'était pas un saint, juste un homme, mais quel Homme...son départ est la fin d'une époque. Plus que jamais l'annonce d'une nouvelle ère des relations incertaines entres les êtres humains...
Jann Halexander